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DTG, audit énergétique, DPE collectif : ne plus confondre les trois

Trois diagnostics, trois finalités. Le DPE collectif note l'immeuble, l'audit énergétique propose un plan de travaux chiffré, le DTG dresse le bilan global d'une copropriété. Ils ne s'adressent pas aux mêmes bâtiments et n'ont pas la même validité. Le point de cadrage, sources officielles à l'appui.

Sujet
DTG
Publication
12 juillet 2026
Lecture
8 min
Tags
DPE · Audit énergétique

Trois documents, trois finalités différentes. Le DPE collectif mesure la performance énergétique d’un immeuble en copropriété et lui attribue deux étiquettes, de A à G. L’audit énergétique réglementaire va plus loin : il propose des scénarios de travaux chiffrés pour rénover un logement, et il est exigé à la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé F, G ou E. Le diagnostic technique global (DTG), lui, est le plus large des trois : il dresse le bilan complet d’une copropriété — technique, énergétique et patrimonial — et intègre déjà un DPE collectif.

La confusion vient de ce qu’ils parlent tous d’énergie. Mais ils ne s’adressent pas aux mêmes bâtiments, ne contiennent pas la même chose et n’ont pas la même durée de validité. On vous explique comment ne plus confondre DTG, audit énergétique et DPE collectif, sources officielles à l’appui.

Trois outils, trois finalités

Avant d’entrer dans le détail, retenez la logique d’ensemble. Chaque document répond à une question différente.

  • Le DPE collectif répond à : « quelle est la performance énergétique de cet immeuble ? » Il note, il ne programme pas de travaux.
  • L’audit énergétique répond à : « comment rénover ce logement, et pour quel coût ? » Il propose un plan de travaux chiffré.
  • Le DTG répond à : « dans quel état général est cette copropriété, et que faudra-t-il y faire sur dix ans ? » Il dresse un bilan global du bâtiment.

Un point clé sépare déjà les trois : le DPE collectif et le DTG concernent la copropriété ; l’audit énergétique réglementaire concerne, lui, la vente d’un bien en monopropriété. Nous y revenons plus bas.

Le DPE collectif : la photographie énergétique de l’immeuble

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) collectif évalue la performance d’un immeuble d’habitation pris dans son ensemble : son enveloppe, son isolation, son chauffage collectif, sa ventilation, son eau chaude sanitaire. Il aboutit à deux étiquettes, classées de A à G : une étiquette énergie et une étiquette climat.

Son calcul repose sur la méthode 3CL (calcul des consommations conventionnelles des logements), opposable depuis l’arrêté du 31 mars 2021. C’est un calcul conventionnel, pas une mesure des factures réelles, ce qui garantit la comparabilité entre bâtiments.

Pour les copropriétés à usage principal d’habitation, le DPE collectif est devenu obligatoire selon un calendrier issu de la loi Climat et Résilience, désormais clos : copropriétés de plus de 200 lots depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, de 51 à 200 lots depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, de 50 lots ou moins depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Sa durée de validité est de dix ans. Nous avons détaillé ce calendrier dans notre article DPE collectif au 1ᵉʳ janvier 2026 : ce qui change pour les copropriétés de moins de 50 lots.

Ce qu’il faut retenir : le DPE collectif constate. Il ne dit pas quels travaux mener, ni dans quel ordre.

L’audit énergétique : un plan de travaux chiffré

L’audit énergétique réglementaire est un document bien plus opérationnel. Là où le DPE note, l’audit trace un chemin de rénovation.

Son cadre est fixé par l’article L126-28-1 du Code de la construction et de l’habitation. Il est obligatoire à la vente des maisons individuelles et des immeubles d’habitation en monopropriété — c’est-à-dire appartenant à un seul propriétaire — selon leur classe au DPE :

  • pour les biens classés F ou G depuis le 1ᵉʳ avril 2023 ;
  • pour les biens classés E depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 ;
  • pour les biens classés D à compter du 1ᵉʳ janvier 2034.

Son contenu est ce qui le distingue le plus nettement du DPE. L’audit comprend un état des lieux de la performance du logement, puis au moins deux scénarios de travaux : un parcours par étapes permettant d’atteindre au minimum l’étiquette B du DPE, et un parcours en une seule étape visant une rénovation performante. Chaque scénario précise une estimation des économies d’énergie, un ordre de grandeur des coûts et les aides mobilisables.

Sa durée de validité est de cinq ans. L’audit énergétique réglementaire ne se confond donc pas avec le DPE : il s’appuie sur lui, mais lui ajoute une dimension de programmation que le DPE n’a pas.

Le DTG : le bilan global du bâtiment

Le diagnostic technique global (DTG) est le plus complet des trois — et le plus mal compris. Créé par la loi ALUR du 24 mars 2014, encadré par les articles L731-1 à L731-5 du Code de la construction et de l’habitation, il ne se limite pas à l’énergie : il embrasse tout le bâtiment.

Son contenu réglementaire comporte cinq volets :

  • une analyse de l’état apparent des parties communes et des équipements communs ;
  • un état de la situation au regard des obligations légales et réglementaires de la construction et de l’habitation ;
  • une analyse des améliorations possibles de la gestion technique et patrimoniale ;
  • un diagnostic de performance énergétique de l’immeuble — autrement dit, un DPE collectif est intégré au DTG ;
  • une évaluation sommaire du coût et la liste des travaux à mener, en particulier dans les dix prochaines années.

Le DTG est obligatoire à la mise en copropriété d’un immeuble de plus de dix ans, et sur demande du maire ou du préfet en cas de désordres. Pour les autres copropriétés, il reste facultatif, mais la question de sa réalisation doit être inscrite à l’ordre du jour d’une assemblée générale. La réglementation ne lui fixe pas de durée de validité, même s’il projette les travaux sur dix ans. Notre article DTG : quand est-il obligatoire, que contient-il en détaille le régime.

Là est le cœur de la confusion : comme le DTG contient déjà un DPE collectif, une copropriété qui réalise un DTG complet n’a pas à commander un DPE collectif à part.

DPE collectif, audit énergétique, DTG : les différences

Pour fixer les idées, voici les trois documents comparés sur les critères qui comptent.

  • Objet. DPE collectif : noter la performance énergétique de l’immeuble. Audit énergétique : proposer un plan de travaux chiffré. DTG : dresser le bilan technique et patrimonial global.
  • Bâtiment visé. DPE collectif : copropriété d’habitation. Audit énergétique : maison ou immeuble en monopropriété, à la vente. DTG : copropriété.
  • Contenu. DPE collectif : deux étiquettes (énergie et climat). Audit énergétique : état des lieux plus au moins deux scénarios de travaux. DTG : état des parties communes, situation réglementaire, DPE collectif et travaux sur dix ans.
  • Validité. DPE collectif : dix ans. Audit énergétique : cinq ans. DTG : pas de durée réglementaire (projection à dix ans).
  • Déclencheur. DPE collectif : calendrier loi Climat et Résilience. Audit énergétique : vente d’un bien classé F, G ou E. DTG : mise en copropriété ou demande du maire ou du préfet.

Copropriété ou monopropriété : lequel vous concerne

Le critère le plus simple pour s’y retrouver est la nature du bien.

Si vous gérez une copropriété, vos obligations énergétiques passent par le DPE collectif et, selon le cas, par le DTG — jamais par l’audit énergétique réglementaire de vente, qui ne vise pas les copropriétés. La vente d’un lot isolé, elle, exige le DPE individuel de l’appartement, déductible dans certains cas du DPE collectif de l’immeuble.

Si vous vendez une maison individuelle ou un immeuble entier détenu par un seul propriétaire classé F, G ou E, c’est l’audit énergétique réglementaire qui s’impose, en complément du DPE. Le DTG et le DPE collectif, eux, ne s’appliquent pas à ce type de bien.

Un même propriétaire peut donc, selon ses biens, croiser les trois dispositifs — sans qu’ils soient jamais interchangeables.

Comment ils s’articulent entre eux

En copropriété, l’enchaînement logique est désormais bien rodé. Le DTG fournit le diagnostic de départ, intègre le DPE collectif, et alimente le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT), qui en tire la programmation sur dix ans. Lorsque ces missions sont conduites ensemble, les redondances disparaissent : c’est l’objet de notre pack DTG + PPPT + DPE collectif.

L’audit énergétique réglementaire, lui, vit dans un autre monde — celui de la vente de biens en monopropriété. Il ne s’insère pas dans le cycle DTG-PPPT de la copropriété. Une copropriété qui souhaite financer ses travaux via une aide comme MaPrimeRénov’ Copropriété rencontre toutefois un autre audit, propre à ce dispositif et distinct de l’audit de vente.

Confier ces missions à un bureau d’études indépendant évite justement ces confusions : le bon document est commandé pour le bon bâtiment, sans diagnostic inutile. C’est l’objet de notre prestation de diagnostic technique global.

En résumé

  • Le DPE collectif note un immeuble en copropriété : deux étiquettes, validité dix ans.
  • L’audit énergétique propose un plan de travaux chiffré, exigé à la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé F, G ou E : validité cinq ans.
  • Le DTG dresse le bilan global d’une copropriété et intègre déjà un DPE collectif : pas de durée de validité réglementaire.
  • Le critère décisif est le type de bien : copropriété (DPE collectif, DTG) ou monopropriété à la vente (audit énergétique).
  • En copropriété, l’ordre utile est DTG → DPE collectif → PPPT, conduits ensemble pour éviter les redondances.

Bien identifiés, ces trois documents cessent d’être un casse-tête : chacun a son bâtiment, son contenu et son échéance.

Questions fréquentes

L'audit énergétique réglementaire concerne-t-il la vente d'un appartement en copropriété ?

Non. L'audit énergétique de vente vise les maisons individuelles et les immeubles d'habitation en monopropriété, c'est-à-dire appartenant à un seul propriétaire. Pour vendre un appartement en copropriété, c'est le diagnostic de performance énergétique (DPE) du lot qui est exigé, pas l'audit énergétique réglementaire.

L'audit énergétique demandé pour MaPrimeRénov' Copropriété est-il le même que celui de la vente ?

Non. Ce sont deux audits distincts. L'audit énergétique réglementaire de l'article L126-28-1 du Code de la construction et de l'habitation concerne la vente d'un bien en monopropriété. L'évaluation énergétique exigée pour obtenir MaPrimeRénov' Copropriété est un audit propre au dispositif d'aide, qui chiffre le gain énergétique avant et après travaux à l'échelle de la copropriété.

Faut-il un audit énergétique pour louer un logement très énergivore ?

Non. L'audit énergétique réglementaire est lié à la vente d'un bien en monopropriété, pas à sa mise en location. Louer un logement classé parmi les passoires thermiques relève d'un autre dispositif — le calendrier d'interdiction progressive de mise en location — qui restreint la location de ces biens mais n'impose pas d'audit énergétique.

Peut-on déduire le DPE d'un appartement à partir du DPE collectif de l'immeuble ?

Oui, dans certains cas. Lorsqu'un DPE collectif a été établi pour l'immeuble, le DPE d'un lot peut en être déduit selon des règles définies par arrêté, ce qui évite une nouvelle visite. Cette génération à partir du collectif n'est toutefois pas systématique et dépend de la configuration du bâtiment.

Sources : Service-Public — Audit énergétique en cas de vente d'un bien « passoire thermique » (F37110) · Service-Public — Diagnostic technique global (DTG) de la copropriété (F32059) · Ministère de la Transition écologique — Audit énergétique réglementaire

Cet article a une valeur d'information générale et ne se substitue pas à un conseil personnalisé.

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